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Espace cuisine

Pose de faïence murale : du mur brut au dernier joint

Pose de faïence murale : du mur brut au dernier joint

La pose de faïence murale consiste à coller des carreaux de céramique émaillée sur un mur sec, plan et propre, avec un mortier-colle étalé au peigne, puis à garnir les joints. En cuisine comme en salle de bain, la réussite se joue surtout sur la préparation du support et le choix de la colle.

Le support
Un mur sec, dépoussiéré, plan à 3 mm près sous la règle de 2 m, et primaire d'accrochage sur peinture ou plâtre.
La colle
Mortier-colle adapté aux pièces humides, peigne choisi selon le format des carreaux, double encollage au-delà des grands formats.
La finition
Joint hydrofuge ou époxy derrière l'évier et la plaque, silicone dans les angles et contre le plan de travail.

Préparer le mur avant de poser le premier carreau

Un carrelage mural ne tient jamais mieux que le support sur lequel il est collé. Avant toute mise en place, vérifier trois points : la planéité, l'état du mur et l'humidité. La planéité se contrôle avec une grande règle de maçon ou un niveau à bulle long, promené en ligne verticale, horizontale et en diagonale. Un creux de plus de 3 à 5 mm se rattrape à l'enduit de ragréage mural, laissé sécher selon la notice du produit, car une colle épaisse ne compense pas un mur bossu sans créer des carreaux en escalier.

L'état du mur décide de la préparation. Sur un plâtre nu ou une plaque de plâtre, appliquer un primaire d'accrochage pour régler l'absorption : sans lui, le plâtre boit l'eau de la colle et le carreau se décolle au premier choc. Sur une peinture brillante, poncer ou scarifier la surface, dépoussiérer, puis passer le primaire. Sur un ancien carrelage sain, la pose directe est possible avec une colle prévue pour la pose sur ancien revêtement, après un dégraissage soigné. Un mur qui sonne creux ou qui farine se reprend avant : c'est une des erreurs à éviter les plus coûteuses, parce qu'elle se découvre six mois plus tard.

Dans une cuisine, la zone de la crédence reçoit vapeur, projections d'eau et graisse. Si vous hésitez encore sur le matériau de cette bande de mur, notre comparatif des matériaux de crédence de cuisine et de leur pose met la faïence face au verre, à l'inox et au stratifié. En salle de bain, autour d'une baignoire ou d'une douche, ajouter un système d'étanchéité liquide sous la colle dans les zones exposées au ruissellement.

Le matériel nécessaire pour poser du carrelage mural

La liste du matériel nécessaire tient sur une table, mais chaque outil a un rôle précis à une étape de pose donnée.

ÉtapeOutilUsage
Tracer les repèresNiveau à bulle, laser, crayon, tasseauTrait de départ horizontal et ligne verticale de calepinage
Préparer la colleSeau, malaxeur sur perceuseMortier-colle gâché sans grumeaux, au dosage d'eau indiqué
Appliquer la colleTruelle, spatule, peigne à colleÉtaler, puis peigner des sillons réguliers
Poser les carreauxCroisillons, maillet en caoutchouc, batte de carreleurEspacement constant et carreaux bien noyés dans la colle
Réaliser les découpesCoupe-carreau, pince, scie trépan, meuleuseCoupes droites, encoches et passages de tuyaux
Faire les jointsRaclette en caoutchouc, éponge, seau d'eau propreGarnir, serrer, puis nettoyer le voile

Le peigne mérite une attention particulière, car sa denture règle l'épaisseur de colle. Dents en V de 3 à 4 mm pour la mosaïque et les petits carreaux, dents carrées de 6 mm pour les carreaux métro et les formats courants jusqu'à 30 x 30 cm, dents de 8 à 10 mm pour un grand format. La face lisse sert à étaler, la face dentée à tracer les sillons.

Quel type de carrelage choisir pour un mur de cuisine ?

La faïence reste le revêtement mural le plus posé : une terre cuite poreuse recouverte d'un émail, légère, facile à couper, mais réservée au mur puisqu'elle ne supporte pas le passage. Le grès cérame, plus dense et non poreux, convient au mur comme au sol et résiste mieux aux chocs ; il est en revanche plus dur à couper et réclame une colle plus performante. La pierre naturelle donne un aspect naturel et mat, mais elle se tache et demande un traitement hydrofuge. Le carrelage imitation bois, béton ou marbre, souvent en grès cérame, apporte l'effet recherché sans l'entretien de la matière d'origine.

Le format des carreaux joue autant que la matière. Les petits formats et le zellige pardonnent un mur imparfait et multiplient les joints ; les grands formats donnent une surface calme mais exigent un support parfaitement plan et un double encollage. Côté finition, un carrelage décoratif brillant reflète la lumière d'une cuisine étroite, un aspect mat masque mieux les traces de doigts. Pour accorder la teinte des carreaux avec le reste de la pièce, notre guide de la peinture de cuisine, entre couleur et finition aide à trancher. Le prix varie surtout avec la matière, le format et la fabrication : une faïence blanche standard reste en bas de la fourchette, un zellige fait main ou une pierre naturelle en haut.

Les étapes de pose de la faïence murale

Tracer les repères et fixer un tasseau

Ne jamais partir du sol ou du plan de travail : ils sont rarement de niveau. Tracer au niveau une ligne horizontale à la hauteur d'un carreau plus un joint au-dessus du point le plus bas, puis visser un tasseau droit sur cette ligne. Il porte la première rangée pendant que la colle prend. Tracer ensuite une ligne verticale au milieu du mur ou au milieu de la crédence, pour répartir les coupes de façon symétrique dans les deux angles. Ce calepinage à sec, carreaux posés au pied du mur avec leurs croisillons, évite de finir par une bande de 2 cm impossible à couper proprement.

Appliquer la colle et poser les carreaux

Gâcher le mortier-colle au malaxeur avec la quantité d'eau indiquée sur le sac, laisser reposer quelques minutes, remélanger. Étaler la colle sur environ un demi-mètre carré avec la face lisse, puis passer le peigne à colle incliné à 45 degrés pour tracer des sillons dans une seule direction. Au-delà d'un format 30 x 30 cm, ou sur un carreau à dos creux, ajouter un encollage du carreau lui-même : c'est le double encollage, la technique d'encollage qui supprime les vides sous la céramique.

Poser le premier carreau sur le tasseau, contre la ligne verticale, en le faisant glisser légèrement perpendiculairement aux sillons pour écraser la colle. Taper au maillet en caoutchouc ou à la batte pour noyer le carreau. Placer les croisillons à chaque angle, puis continuer rangée par rangée. Toutes les deux ou trois rangées, contrôler au niveau et à la règle. Décoller de temps en temps un carreau : son dos doit être couvert de colle à plus de 80 %, sinon le peigne est trop petit ou la colle a déjà croûté. Respecter le temps ouvert du produit, souvent 20 à 30 minutes, et ne jamais réutiliser une colle qui a fait sa peau en surface.

Retirer le tasseau et finir le bas

Le lendemain, une fois la colle prise, retirer le tasseau et poser la rangée du bas, coupée à la mesure exacte. Laisser un jeu de quelques millimètres contre le plan de travail, la baignoire ou le receveur : il recevra un joint silicone, seul matériau capable d'absorber les mouvements entre deux supports différents. Pour enchaîner ce chantier avec le montage des meubles, notre article pour poser une cuisine soi-même, étape par étape donne l'ordre des travaux.

Faïence de cuisine : les questions posées avant de prendre la truelle

Peut-on poser de la faïence sur un ancien carrelage ?

Oui, si l'ancien carrelage est sain, bien adhérent et plan. Il faut le dégraisser, le poncer légèrement pour casser l'émail et utiliser une colle classée pour la pose sur ancien revêtement. Un carreau qui sonne creux se dépose et se rebouche avant.

Combien de temps attendre avant de faire les joints ?

Il faut en général 24 heures de séchage de la colle avant de jointer, parfois moins avec une colle à prise rapide. Le temps exact figure sur la notice du mortier-colle utilisé.

Faut-il des croisillons pour de la faïence murale ?

Oui, sauf pour les carreaux à pattes d'espacement intégrées. Les croisillons de 2 mm conviennent à la faïence et aux carreaux métro, 3 à 5 mm aux formats plus grands ou aux bords irréguliers comme le zellige.

Quelle colle choisir pour une crédence derrière une plaque de cuisson ?

Un mortier-colle amélioré et déformable, prévu pour supporter la chaleur et les variations de température, associé à un joint époxy ou hydrofuge qui ne se tache pas.

Réaliser des découpes propres

La coupe carrelage se prépare au crayon, toujours sur l'émail, en tenant compte de la largeur du joint. Pour un trait rectiligne, la carrelette (le coupe-carreau manuel) suffit sur ce carrelage tendre : on raye d'un seul passage, puis on casse d'un appui franc. Le carrelage en grès cérame épais demande une carrelette plus robuste, à molette large, ou une scie à eau ; ces outils se louent à la journée chez un loueur pro, ce qui évite d'acheter une carrelette de chantier pour une seule crédence. Pour une encoche autour d'une prise ou d'un angle de fenêtre, faire deux traits de scie puis casser le morceau à la pince. Les trous de tuyaux se percent à la scie trépan diamantée, sans percussion. Une découpe courbe se grignote à la pince perroquet ou se réalise à la meuleuse équipée d'un disque diamant, en portant lunettes et masque. Le bon réflexe : couper tous les carreaux d'un même rang avant de les coller, plutôt qu'un par un, pour garder le même geste et la même précision. Les bords coupés se cachent dans les angles ou sous un profilé de finition.

Carrelage mural de salle de bain et de douche : ce qui change

Dans une salle de bain, le carrelage mural ne subit plus seulement des projections : autour de la douche, il reçoit de l'eau chaque jour. Le carrelage ne fait pas l'étanchéité, ce sont la colle, le joint et surtout la membrane posée dessous qui la garantissent. Sur plaque de plâtre, choisir une plaque hydrofuge, puis appliquer un système d'étanchéité liquide avec bandes d'angle sur toute la zone de douche, avant de coller le carrelage. Le mortier-colle doit être classé pour locaux humides et offrir une bonne résistance à l'eau ; le joint gagne à être hydrofuge, ou époxy en douche à l'italienne. Dans une niche de douche, poser d'abord le fond, puis les côtés, et garder une légère pente vers l'extérieur pour que l'eau ne stagne pas. Un profilé d'angle en aluminium ou en inox, accessoire peu visible, protège les arêtes coupées de chaque carrelage. Sur ces surfaces, contrôler l'adhérence en décollant un carreau test est encore plus important qu'au-dessus d'un plan de travail : un carrelage qui sonne creux sous la douche laisse passer l'eau derrière lui.

Le calepinage compte aussi davantage : un espace de douche se lit de face, et un carrelage coupé en fine bande au ras de la porte vitrée se voit tous les jours. Faire le calepinage à sec, avec les tasseaux en place, permet de décaler la ligne de départ d'un demi-carreau si nécessaire.

Faire les joints et nettoyer

Une fois la colle sèche, retirer les croisillons qui dépassent et dépoussiérer les joints. Préparer le mortier joint, puis le faire pénétrer en passant la raclette en caoutchouc en diagonale, pour ne pas le ressortir des joints. Après quelques minutes, quand il commence à se raffermir, passer une éponge humide et bien essorée en mouvements circulaires, puis rincer l'éponge souvent dans une eau propre. Le voile blanc qui reste se retire le lendemain au chiffon sec. En cuisine, un joint époxy ou hydrofuge derrière l'évier et la plaque résiste aux taches de graisse ; partout ailleurs, un joint ciment fin suffit. Le dernier geste est le silicone sanitaire dans les angles rentrants et le long du plan de travail.

Les erreurs qui font décoller la faïence

La plupart des carrelages muraux qui tombent n'ont pas un défaut de fabrication : ils ont été posés sur un support mal préparé. Voici les fautes vues le plus souvent sur les chantiers de rénovation.

  • Coller sur un mur humide ou poussiéreux : l'humidité et la poussière coupent l'adhérence, quelle que soit la colle.
  • Oublier le primaire d'accrochage sur plâtre ou béton cellulaire, qui pompent l'eau du mortier.
  • Utiliser un peigne trop petit pour le format : le carreau ne touche la colle que par endroits et sonne creux.
  • Étaler trop de surface d'un coup : la colle croûte avant d'avoir reçu le carreau.
  • Jointer trop tôt : les carreaux bougent sous la raclette et les joints fissurent.
  • Bloquer la faïence contre le plan ou la baignoire sans jeu ni silicone : la dilatation fait éclater le dernier rang.

Ne pas négliger non plus le nettoyage final : un voile de joint laissé une semaine sur l'émail ne part plus qu'avec un produit acide. Finir avec soin, c'est aussi ranger quelques carreaux de réserve du même lot pour une réparation future.

Poser soi-même ou faire appel à un professionnel ?

Poser du carrelage mural est à la portée d'un bricoleur patient sur une crédence ou un pan de mur simple : peu de coupes, un support sain et un format courant. L'aide d'un carreleur professionnel se justifie quand le mur est très irrégulier, quand le chantier comporte beaucoup de découpes autour de fenêtres, de niches ou de tuyaux, ou quand il s'agit d'un grand format lourd à manier. Le prix d'une pose par un artisan dépend de la surface, de l'accès, du format et de la préparation du mur : il vaut la peine de demander deux devis détaillés qui séparent préparation, fourniture et main d'oeuvre. Si la faïence s'inscrit dans un projet plus large, notre dossier pour réussir la rénovation d'une cuisine aide à planifier les corps de métier dans le bon ordre. Le conseil d'un carreleur pro sur l'état du mur vaut d'ailleurs souvent la visite, même si vous posez ensuite votre carrelage vous-même. Dernier conseil : quelle que soit la solution retenue, lire le mode d'emploi de chaque produit, colle, primaire et joint, car les temps de séchage et les dosages en eau changent d'une marque à l'autre.

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